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MORBIDITÉ
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Tout
en énonçant des recommandations sur la manière
d'établir les certificats et règles de classement relatifs
aux causes de décès, les précédentes éditions
de la CIM ne traitaient pas la question de la morbidité, laissant
aux utilisateurs le soin de mettre au point de telles méthodes
et règles. C'était en partie reconnaître la diversité
des types de dossiers médicaux dont sont tirés les statistiques
et indices fondés sur la CIM, et aussi le fait qu'une certaine
souplesse dans la façon de relever et d'analyser les données
est souvent capitale. Néanmoins, dans de nombreux pays, des comptes
rendus, se rapportant à des périodes de soins, sont aujourd'hui
largement recueillis aux fins d'analyse courante et la Conférence
pour la neuvième révision a estimé que le moment
était venu de formuler certaines recommandations pour ce genre
de statistiques. |
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Les
statistiques de mortalité trouvent leur source dans les certificats
médicaux des causes de décès qui résument
les maladies, traumatismes et circonstances conduisant à l'issue
fatale, et, lorsque ces causes sont multiples elles sont disposées,
dans le certificat, de telle façon qu'une «cause initiale»
puisse être retenue pour l'analyse habituelle par cause unique.
De même, les statistiques de morbidité, se rapportant à
des périodes de soins, sont normalement tirées de résumés
des dossiers médicaux. En plus des données personnelles,
et d'autres à usage administratif, ces résumés
statistiques rapportent les maladies, traumatismes et autres problèmes
de santé, rencontrés au cours de l'épisode en question,
ainsi que, parfois, des renseignements sur leur traitement, notamment
les actes chirurgicaux. Auparavant lorsque plusieurs maladies, traumatismes
ou problèmes de santé, étaient mentionnés
dans le dossier, il n'existait aucun procédé type recommandé
en vue de choisir une seule entité pour l'analyse statistique
habituelle par cause unique. |
||
En
conséquence, la Conférence a émis les recommandations
suivantes: |
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| (i) |
la
maladie à choisir pour l'analyse statistique de cause unique,
à partir du dossier médical d'un épisode de soins
dans un hôpital ou autre établissement, doit être
l'affection principale traitée ou étudiée pendant
l'épisode en question; si aucun diagnostic n'a été
fait, on retiendra le symptôme ou le problème de santé
principal; |
|
| (ii) |
le
dossier médical doit aussi rapporter, séparément,
d'autres affections ou problèmes de santé dont on s'est
occupé au cours de l'épisode en question; |
|
| (iii) |
de
préférence, le choix du diagnostic, du symptôme
ou du problème principal, à utiliser pour la mise en tableau,
doit être fait par le médecin traitant ou par un autre
professionnel responsable des soins au malade. |
|
Les
participants à la Conférence ont également jugé
souhaitable qu'en plus du choix d'une cause unique aux fins de mise
en tableau, dans la mesure du possible, il soit essayé un classement
et une analyse par causes multiples, particulièrement pour les
données se rapportant à des épisodes de soins dans
les hôpitaux (malades hospitalisés ou ambulatoires), les
dispensaires et par les médecins de famille. Pour certains autres
types de données, tels que les résultats d'une enquête
médicale au moyen d'examens de santé, l'analyse des causes
multiples peut être la seule méthode satisfaisante. |
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Enregistrement
des diagnostics à rapporter dans le résumé statistique
individuel |
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Dans
la majorité des cas, vers la fin d'un séjour à
l'hôpital ou d'un autre épisode de soins, certaines «étiquettes»
diagnostiques sont formulées pour désigner les diverses
maladies, traumatismes, symptômes ou problèmes de santé
qui ont été traités; il faut extraire, de l'information
clinique du dossier médical, ces «étiquettes»,
pour les enregistrer sur le résumé statistique, dans lequel
l'affection «principale» traitée ou étudiée
pendant l'épisode de soins en cause, doit être distinguée
des autres diagnostics. Le procédé est rendu plus facile
si les données du dossier médical sont organisées
d'une façon systématique, et si des méthodes uniformes
sont adoptées, pour permettre au médecin traitant d'établir
son choix du diagnostic «principal» et des «autres»
diagnostics, en suivant la recommandation de la Conférence. C'est
le concept de «l'affection principale traitée ou étudiée»
qui est important, encore que le titre formel puisse varier dans les
différents pays. |
||
Chaque
étiquette diagnostique doit avoir une valeur informative aussi
grande que possible et englober tous les détails connus sur la
localisation, la variété, l'étiologie, etc. d'une
affection; par exemple, carcinome de la vessie à cellules transitionnelles,
appendicite aiguë avec perforation, rétinite diabétique,
dégénérescence cérébrale associée
à un cancer utérin envahissant. |
||
Si
le malade subit un traitement ou des examens requis par un certain symptôme,
un signe ou un autre résultat anormal, qui reste inexpliqué
à la fin de la période de soins, on mentionnera ce symptôme,
ce signe ou ce résultat anormal comme un «diagnostic». |
||
Lorsqu'un
épisode de soins (occupation d'un lit d'hôpital, consultation
avec un médecin ou un autre professionnel de la santé)
se rapporte à quelque problème, ou circonstance, qui ne
constitue pas une affection médicale (par exemple: vaccination
préventive, chirurgie plastique pour motifs purement esthétiques),
ou lorsque l'on estime qu'une circonstance non médicale ou un
antécédent affecte l'état du malade, le problème
ou la circonstance peuvent être mentionnés comme «diagnostics». |
||
Lorsqu'un
malade est admis, dans un hôpital ou un autre établissement,
pour une certaine maladie et que le séjour est prolongé
par la nécessité de traiter une affection distincte, venant
à se manifester ou à être découverte durant
les soins donnés pour la première, il faut choisir comme
diagnostic principal l'affection qui a «consommé»
la plupart des ressources médicales. Il est souhaitable que les
pays établissent des méthodes uniformes pour l'enregistrement
de ces données en accord avec les critères et définitions
qui viennent d'être exposés. |
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Chiffrement
de l'affection principale traitée ou étudiée, aux
fins d'analyse par cause unique |
||
L'affection
principale traitée ou étudiée, à retenir
et à classer en vue de l'analyse par cause unique, a déjà
été identifiée dans le résumé statistique
du dossier médical et le codage va de soi dans la plupart des
cas. |
||
Il
se peut que l'on reçoive aux fins de codage certains résumés
dans lesquels la maladie signalée comme principale, parmi les
affections traitées ou étudiées, paraît ne
pas cadrer du tout avec les autres renseignements obtenus, tels que
la nature de la spécialité considérée, des
examens ou opérations réalisés, la durée
des soins, ou encore lorsque leur description est incorrecte pour tout
autre motif. Citons quelques exemples de sélection évidemment
erronée de l'affection principale : |
||
| (i) |
une
affection mineure est mentionnée comme principale alors qu'une
autre plus importante, se rapportant à la spécialité
dans laquelle le malade a été examiné et traité
est indiquée sous la mention «autres» affections; |
|
| (ii) |
plusieurs affections sont énumérées dans la partie
du compte rendu réservé à l'affection principale; |
|
| (iii) |
l'affection mentionnée comme affection principale est de toute évidence le symptôme d'alarme d'une maladie diagnostiquée, pour laquelle un traitement a été institué; | |
(iv) |
un symptôme, ou une maladie mal définie (il s'agit en général
d'une affection classée au chapitre XVI de la CIM), est seul
à être signalé, mais d'autres renseignements figurant
dans le résumé donnent à penser que la cause du
symptôme avait été trouvée et traitée. |
|
Dans
ces cas, chaque fois que cela sera possible, on retournera le document
pour correction à la personne qui a résumé l'observation
initiale. Si cela n'est pas possible, on appliquera les règles
suivantes: |
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Règle
MB1. Affection mineure mentionnée comme affection principale;
affection traitée, plus importante, indiquée comme «autre»
affection. |
||
Lorsqu'une
affection mineure ou ancienne, ou un problème de santé
accidentel est signalé comme affection principale, et qu'une
affection plus importante, correspondant à la spécialité
dont relevait le malade pour les soins et/ou le traitement, est mentionnée
comme « autre « affection, classer la dernière comme
affection principale. |
||
| Exemple 1: | Affection
principale: Autres affections: |
Sinusite aiguë Carcinome de l'endocol Hypertension |
| Malade hospitalisée
pendant trois semaines Opération exécutée-hystérectomie totale Spécialité - gynécologie |
||
| Classer à carcinome de l'endocol (180.0). | ||
| Exemple 2: | Affection principale: Autres affections: |
Polyarthrite rhumatoïde Diabète sucré Hernie crurale étranglée Artériosclérose généralisée |
| Malade hospitalisé
pendant trois semaines Opération exécutée-herniorraphie Spécialité-chirurgie gastro-intestinale |
||
| Classer à hernie crurale étranglée (552.0). | ||
| Exemple 3: | Affection principale: Autres affections: Spécialité-odontologie Acte effectué-extraction de la dent de sagesse |
Greffe du rein
in situ Dent de sagesse incluse |
| Classer à dent de sagesse incluse (520.6). | ||
| Exemple 4: | Affection principale:
Autres affections: |
Carie dentaire Sténose mitrale rhumatismale |
| Spécialité-odontologie Acte effectué-extraction d'une dent |
||
Classer
à carie dentaire (521.0). La règle ne s'applique pas;
la carie dentaire peut être considérée comme une
affection mineure et la sténose mitrale est une maladie beaucoup
plus importante, mais celle-ci n'a pas été traitée
pendant cet épisode de soins; donc le résumé médical
doit être accepté. |
||
Règle
MB2. Affections multiples énumérées sous «affections
principales». |
||
Si
plusieurs affections sont énumérées dans la partie
du compte rendu réservé à l'affection principale,
et si d'autres détails indiquent que l'une d'entre elles est
manifestement l'affection principale pour laquelle les soins ont été
donnés, retenir cette affection. Sinon, classer à la première
mentionnée. |
||
| Exemple 1: | Affection principale: | Carie dentaire Méningite syphilitique Cardiopathie ischémique |
| Autres affections: |
- | |
| Malade hospitalisé
pendant cinq semaines Spécialité-neurologie |
||
| Classer à méningite syphilitique (094.2). | ||
| Exemple 2: | Affection principale: | Bronchite chronique obstructive Hypertrophie de la prostate Psoriasis |
| Malade soigné
par un dermatologiste Douze visites en six mois |
||
| Classer à psoriasis (696.1). | ||
| Exemple 3: | Affection principale: | Rétrécissement
mitral Bronchite aiguë Polyarthrite rhumatoïde |
| Autres maladies
: - Spécialité-médecine générale Pas de renseignements d'ordre thérapeutique |
||
| Classer à rétrécissement mitral (394.0). | ||
Règle
MB3. L'affection mentionnée comme affection principale est manifestement
le symptôme d'alarme d'une maladie diagnostiquée et traitée. |
||
Lorsqu'un
symptôme ou un signe (il s'agit généralement d'une
affection classée au chapitre XVI de la CIM) ou un problème
de santé se rapportant à la Classification supplémentaire
(Code V), est inscrit comme affection principale alors qu'il représente
manifestement le signal d'alarme d'une affection diagnostiquée
portée sur le compte rendu comme «autre» affection,
et que des soins ont été dispensés pour cette dernière,
classer à l'affection diagnostiquée. |
||
| Exemple 1: | Affection principale:
Autres affections: |
Hématurie Papillome de la paroi vésicale postérieure Varices des membres |
| Spécialité-urologie Traitement-excision diathermique des papillomes |
||
| Classer à papillome de la paroi vésicale postérieure (188.4). | ||
| Exemple 2: | Affection principale:
Autres affections: |
Anomalie du test de tolérance
au glucose Cardiopathie ischémique Otosclérose Diabète sucré |
| Spécialité-endocrinologie Soins donnés-mise au point d'une posologie correcte pour l'insuline |
||
| Classer à diabète sucré (250.0). | ||
| Règle MB4. Diagnostic plus précis. | ||
Lorsque
l'affection «principale» est désignée en termes
généraux, et que parmi les «autres» affections,
on trouve une maladie qui donne des renseignements plus précis
sur la localisation ou la nature de l'état pathologique, classer
à cette dernière affection. |
||
| Exemple 1: | Affection principale:
Autres affections: |
Maladie cérébro-vasculaire Diabète sucré Hypertension Hémorragie cérébrale |
| Classer à hémorragie cérébrale (431). | ||
| Exemple 2: | Affection principale: Autres affections: |
Cardiopathie congénitale
Communication interventriculaire |
| Classer à communication interventriculaire (745.4). | ||
| Exemple 3: | Affection principale: Autres affections: |
Entérite Iléite régionale |
| Classer à iléite régionale (555.0). | ||
| Table des matières |
Réalisation
graphique, Marc Mellah, CépiDc-IFR69, Inserm 2006.